Présentation de la marque Kari'T Care

Posté Par Corinne De Leenheer À Présentations et actus des marques Sur November 26, 2017 0 Commentaire 389 Frapper

ICIICIJe vous propose aujourd'hui de découvrir l'interview de mon amie Nathalie, la maman de la marque Kari'T Care, une marque cosmétique belge, portant la mention Slow Cosmétique et le label PETA.

Une super savonnière et une belle personne! 

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours en quelques phrases ?

Nathalie GHYSEN 37 ans, mariée 2 enfants, Graduée en Communication et gestion d’entreprise. Autodidacte, entrepreneuse et passionnée par le monde des simples et leur pouvoir ; En regardant en arrière, je me dis qu’il n’y a pas de hasard si j’en suis arrivée à créer ma gamme de soins cosmétiques. En effet, j’ai commencé ma carrière dans le secteur pharmaceutique, dans le domaine très pointu des allergies. Formée par mon père, patron du labo pendant 30 ans, qui voyait en moi la continuité de son engagement auprès de ce laboratoire, il m’a fait étudier un nombre incalculable de plantes, d’arbres, leur saison de pollinisation, jusqu’ aux molécules croisées entre pneumallergènes et allergènes alimentaires, il fallait que je maitrise mon domaine pour gagner en crédibilité auprès des médecins avec lesquels je travaillais. Après presque 8 années de travail à ses côtés, la mort de mon frère unique m’a fait changer de chemin, je ne me sentais plus en phase avec ce style de vie, entre la course à la rentabilité et la pression des salles d’attente entre délégués, j’avais besoin davantage d’authenticité, de simplicité, de ralentir et de me retrouver, de voyager et barouder un peu, ce que j’ai fait à son grand désarroi. De plus,  je ne voulais plus travailler dans le domaine pharmaceutique car comme je lui exprimais à l’époque où j’ai décidé d’arrêter, nous ne sommes que des pions mis en place par l’industrie, le jour où ils n’auront plus besoin de nous, ils changeront de pions, et c’est exactement ce qu’il s’est passé, quand il a fallu renouveler les équipes et rajeunir le staff, mon papa a été remercié et il ne s’en est jamais remis, 3 ans après son départ du labo, la mort l’a rattrapé dans le chagrin de la trahison.

 

Quand a germé l’idée de créer une marque de cosmétique naturelle et pourquoi ? Par ce côté tendance ou pour une autre raison plus saine ?

 

L’idée tendance, je n’ai jamais été très tendance, je crois que je suis une des dernières de ma génération à avoir eu un smartphone et malheureusement si je ne suis pas encore très connue, c’est que la tendance est au monde virtuel, et que moi je suis plus ancrée que jamais, dans l’instant présent, dans ce que je vis là et maintenant, dans le contact humain, avant toi, je ne savais même pas c’était quoi une bloggeuse !!! Remember !!

L’idée a germé lors de la naissance de mon fils qui avait de l’eczéma, je voulais lui éviter les produits pharmaceutiques aux compositions douteuses, avec un nombre incalculable d’ingrédients qui s’apparentent souvent à du lubrifiant pour robot, et dont les composés chimico-plastiques ne me donnaient pas confiance du tout !!!

Avec mon mari, notre mode de vie avait déjà pris un tournant beaucoup plus sain, ce qui répondait à un besoin d’être en accord avec mes convictions de respect de la terre et de ses trésors. La Patchamama c’est mon inspiration, malgré la manière dont on l’exploite, elle nous donne toujours le meilleur de ce qu’elle a.

J’utilisais le beurre de karité brut pour hydrater mon fils, mon mari ne jurant que par cette magnifique matière première qu’il ramenait de son pays, pour nourrir sa peau sèche. C’est ainsi que J’ai commencé à m’intéresser à toutes ses vertus, et qu’en décortiquant le sujet, je me suis rendue compte que le beurre de karité était riche en insaponifiables, ce qui en faisait une matière première très prisée en savonnerie, où il apporte dureté mais surtout une grande partie de ses actifs qui ne sont pas transformés par le processus de fabrication !!! C’est là que je suis tombée dedans, j’ai testé une recette de savon assez simple, j’ai adoré créer et j’ai décidé de partir me former en France !!! A mon retour, des idées plein la tête, je me suis dit qu’en plus de ma gamme de savons, j’allais aussi proposer une gamme de crèmes sans eau, ce qui est plus rare dans le commerce, la plupart des cosmétiques étant composé à 80% d’eau. C’était un vrai défi d’oser proposer des crèmes grasses, mais riches en principes actifs et formulées avec peu d’ingrédients de qualité, biologiques ou sauvages en provenance de petites coopératives du pays de mon mari.

Ensuite, c’est mon mari qui est parti à son tour au Bénin, dans le nord afin d’aller à la rencontre de la coopérative Soudom, établir un partenariat, et surtout apprendre à faire lui-même le beurre de karité, pour moi c’était une évidence, pour avoir un produit d’exception ; il fallait bien maitriser le processus, la saison, et la tradition. C’est la tradition qui nous apprend le respect de la nature, dans le village de la Coopérative, les cultures sont sauvages, dans un biotope préservé, point de pesticides, le karité est sauvage de par nature, on ne sait pas le cultiver, et comme on dit là-bas plante un arbre, tes enfants en récolteront les fruits car il faut attendre plus de 15 ans pour que l’arbre donne des noix !!! La tradition nous enseigne aussi qu’il faut attendre que les noix tombent au sol, c’est à ce moment-là qu’elles sont prêtes !! mais les industriels n’ont pas ce temps là…et n’ont pas non plus la même qualité de beurre, çà c’est indéniable.

  

Quelle est la signification du nom de votre marque ?

Kari’T care, avec un nom pareil on s’est dit que les gens allaient directement comprendre qu’il s’agissait de soins au beurre de karité, j’ai mis en évidence le T car cela part de Tree « arbre » en anglais et tout tourne autour de lui, l’arbre à karité.

 

Pouvez-vous nous présenter votre équipe ?

Ma fine équipe, c’est mon noyau, ma Maman, JJ ancienne physicienne, ayant donné des cours de chimie pendant 20 ans, à la retraite, enfin non, je reformule, elle n’a jamais travaillé autant que depuis qu’on a commencé l’aventure !!! Elle, c’est le côté obscur de la force, la gestion des BPF, de l’échantillothèque, des matières premières, la production en binôme, l’emballage, c’est une machine de combat !!Mon mari, Wassi, la fabrication du beurre, le transport, la douane, les certificats phytosanitaires, les pochettes en wax, la production, la découpe des savons et la livraison pour certains gros clients et la prospection de temps en temps, il est aussi au four et au moulin, et puis moi, tout le reste et tout ce qu’ils font aussi, en fait on est hyper polyvalent, notre gros point faible c’est la communication visuelle, aucun de nous n’est qualifié la dedans, mais on va essayer de s’améliorer, il faut juste trouver le temps !!!

 

Comment décrivez-vous l’aventure de création, promotion et vente de vos premiers produits ?

Waouh les montagnes russes, c’est dur, il faut s’accrocher, on part d’un idéal, et puis il y a la réalité, on a commencé en couveuse d’entreprise, chouchoutée dans cet encadrement, mon papa est tombé fortement malade lors du lancement, et plus d’une fois j’ai pensé abandonner, mais je comme je dis souvent si je suis toujours là c’est parce que je marche épaulée par mes Anges !!!

La réalisation d’un tel projet c’est juste magique, de pouvoir travailler en famille ou chacun met sa pierre à l’édifice, dans la complémentarité et l’amour, ce n’est pas facile mais çà en vaut la peine et puis la famille c’est ce qu’on a de plus important.

 On a privilégié les circuits courts, les marchés, et les petits magasins car on aime savoir avec qui on travaille et surtout on aime le contact direct avec les clients. Ma plus grande fierté, c’est quand un ou une cliente revient me voir car il ou elle a été ravie du produit, alors on est que Gratitude !!

Le plus difficile c’est de se faire connaitre et çà ce n’est pas une mince affaire, j’adore fabriquer mais prospecter c’est une tout autre casquette, beaucoup de magasins bio passent par des centrales d’achat, de ce fait, il faut donc passer par des intermédiaire ce qui grossit les prix et on ne voulait pas de ça, on essaye de travailler en circuit court, les plus petits magasin bio ou vrac sont plus ouverts à travailler en direct avec nous, malheureusement , il y a de plus en plus de savonniers du dimanche ou apprentis fabricant cosmétique qui ne respectent aucune règle, qui ne connaissent  pas la législation 1223/2009/CE, qui mettent des produits sur les marchés et dans les magasins, alors qu’il n’y a aucune procédure derrière de validation de produit, d’évaluation toxicologique, d’innocuité pour la santé humaine, de libération de lot, qui mettent des allégations thérapeutiques strictement interdites sur les produits (pour l’exéma, psoriasis, etc.,…)

La concurrence, je n’ai rien contre et puis c’est génial de rencontrer des gens qui sont dans la même dynamique que toi, qui ont les mêmes désirs de proposer des produits sains respectueux de la terre et de l’homme, çà unit quand c’est bien fait. Mais le problème avec ce type de concurrence, c’est le fait que sans s’en rendre compte ils entachent la profession, un savon caustique pas assez sur graissé qui brule, avec un PH de 13, testé à la demande d’un magasin qui avait 2 retours clients assez négatifs, c’est du vécu,  et c’est là le problème, un client qui a ce genre de produit en main et qui fait une mauvaise réaction, il n’utilisera plus jamais de savons artisanaux et çà nuit à notre profession avec le risque que l’accès devienne encore plus compliqué pour les petits. Je ne parle même pas du problème des allergènes obligatoires qui ne sont soit pas mentionnés du tout ou soit erronés car simplement copiés.

Heureusement pour nous, l’air du vrac avait démarré car nous avions tellement investi dans ma formation, la mise aux normes des produits et la création d’un petit labo que nous n’avions plus rien pour le packaging et l’identité visuelle. Wassi a été voir certains magasins vrac avec nos savons pré découpés en toblerone et cela nous a permis de nous faire connaitre, par la suite nous avons fait un crowdfunding pour refaire nos étiquettes et une bonne âme nous a fait gratuitement notre site internet !!! après l’aventure d’entrepreneur, c’est cela de belles rencontres qui font avancer le projet. Tu fais partie de ces belles rencontres

 

Ce que cela vous a apporté et les freins rencontrés ?

Une fierté après 2 années de préparation de voir le projet éclore, c’était magique, les freins c’est l’argent, et l’absence de label bio pour prospecter ce type de magasin, bien que maintenant cela va mieux. Pour notre part, nous ne pensons pas l’avoir pour l’instant, car avoir le label pour notre beurre qu’on fabrique, qu’on importe, qu’on transforme et qu’on revend cela nous couterait beaucoup trop cher actuellement. Et nous avons toujours voulu avoir une gamme de prix accessible, on a connu très longtemps les difficultés financières donc on sait ce que c’est.

Les freins aussi c’est l’absence de communication web, nous travaillons déjà 7j sur 7, nos enfants nous voient faire que cela donc je ne me vois pas le peu de temps qui me reste à publier pour me faire connaitre, mes enfants sont bien plus importants même si malheureusement cette absence de communication nous ralentit dans l’évolution de kari’T care.

 

Comment choisissez-vous les ingrédients présents dans vos produits ?

Notre beurre de karité brut, c’est fabriqué avec amour en petite quantité (max 300kilo/an), on essaye aussi de faire des petites quantités d’huile de coco vierge, mais celle-ci nécessite beaucoup plus de travail que notre beurre, et le rendement de manière manuelle est faible ce qui la rend très couteuse.

 Pour les autres huiles végétales, on privilégie des huiles vierges stables moins sujettes au rancissement, de culture biologique ou sauvage. On essaye de travailler avec le maximum de coopératives à taille humaine comme Africajou ou Arc en sels mais ce n’est pas évident de le faire pour toutes les huiles.

 Formée en Aromathérapie par André Bitsas, je suis très regardante sur la qualité d’une huile essentielle, mais aussi sur le biotope où elle a été cultivée. Je sélectionne mes huiles essentielles en culture biologique ou sauvage, uniquement, et je ne prends que des espèces qui ne sont pas sur la liste CITES des espèces en voie de disparition, je travaille avec de Saint hilaire ou Bioflore pour les huiles essentielles car je sais qu’ils travaillent avec des structures à dimension humaine. Pour les argiles et les plantes, on utilise aussi que du bio, et comme on a voulu le moins d’ingrédients possibles pour ne pas avoir de liste à rallonge, on a en déjà fait le tour !

 

Produisez-vous localement ou possédez-vous votre propre laboratoire ?

On travaille dans notre petit labo à Sombreffe

 

Quelles sont les valeurs auxquelles vous tenez et que vous désirez mettre en valeur au travers de vos produits ?

Des produits simples formulés avec des ingrédients de qualité cultivés dans le Respect de la Terre, du Vivant, quel qu’il  soit, humain, animal ou végétal, car nous sommes un tout, nous sommes 1.

  

Quel est votre produit chouchou et pourquoi ?

Mon petit chouchou actuel c’est le dernier savon que j’ai créé car il a un air de jingle bells avant l’heure, c’est le secret des Lutins, enrichi à l’huile de noisette et avec une synergie d’huiles essentielles de Sapin Blanc, Cannelle, orange et Benjoin, un air de Noël pour bien préparer les fêtes !!

  

Comptez-vous élaborer d’autres produits ?

 Oui, on compte sur les marchés de Noel pour pouvoir proposer des nouveautés à la rentrée dont un shampoing à l’huile de Moringa !!! mais je ne rentre pas plus dans les détails car entre l’idée, la formulation et la validation, il y a un temps qu’on ne sait jamais définir !!!

Les produits à découvrir:

Le coffret cadeau découverte ICI

Le savon Calendula ICI

Le savon Rêve de l'Ile Bourbon ICI

Le savon Sagesse Africaine ICI

Le savon Plaisir D'Orient ICI

Le savon Pensée Indienne ICI

Le savon Zeste de Syracuse ICI

Le savon Nuit d'Orient ICI



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