Histoire de la coloration capillaire

Posté Par Corinne De Leenheer À Histoire du cheveux Sur March 16, 2016 0 Commentaire 1178 Frapper

Il y a quelques temps je vous parlais sur le blog des fausses colorations végétales proposées sur le marché. Aujourd’hui je vous propose de découvrir l’histoire de la coloration capillaire. Je trouve que c’est intéressant de découvrir le passé de quelque chose qui est devenu très important dans la société mondiale actuelle. Je dirais même que c’est une chose qui l’était déjà et qui perdure au travers des millénaires! Je ne rentrerai pas en très grand détail sur le sujet car j’ai énormément lu sur le sujet, je vous propose un survol clair, précis et général.

Histoire de la coloration capillaire

Depuis la nuit des temps il semble que lorsque l’humain se rend compte de son apparence, il s’ intéresse à la sublimer, l’’adapter ou la changer.  Ce désir avait jadis plusieurs objectifs: se camoufler lors des mission de chasse, paraître plus forts devant l’ ennemi ou les prédateurs, attirer un partenaire. Catégoriser une appartenance sociale ou un statut. Depuis plus de 5.000 l’an, l’être humain a joué avec son apparence.  

Depuis plus de 5.000 ans et selon des recherches réalisées par des archéologues et des preuves trouvées, il semble que l’ être humain utilisait déjà des minéraux, des plantes et des insectes pour se colorer les cheveux.

5 millénaires déjà de jeux capillaires...

       

La coloration capillaire au fil de l’histoire

Ce qui semble être un tronc commun au travers des siècles est l’importance de la coloration capillaire. Chaque époque fait appel à cette technique, pour différentes raisons. Certaines époques lui donnent une importance de catégorisation sociale, de protection du peuple ou de survie.

Vers 1500 avant avant J.C, les égyptiens utilisaient le henné et l’indigo pour se colorer les cheveux.

En Mésopotamie les femmes de classe sociale élevée adoraient utiliser de la poudre d’or ou dorée sur leurs chevelures pour qu’il rayonne au soleil. Les hommes faisaient déjà appel aux services de barbiers.  Ils étaient rasés de près et les barbiers coloraient les cheveux des hommes en noir. A cette époque les Assyriens étaient appelés “ le peuple aux cheveux noirs”. Les barbiers avaient aussi comme mission de tondre les cheveux des esclaves pour les rendre disponibles à la vente. Les huiles capillaires et pour le corps étaient très appréciées pour nourrir les peaux séchées par le soleil.

boite à perruque egyptienne

Dans la société Romaine, les femmes de classe sociale élevée se teignaient les cheveux en rouge, les femmes de classe sociale moyenne se coloraient les cheveux en en blond et les femmes en situation sociale précaire se coloraient les cheveux en noir.

Les Gaulois (premier siècle après J.C) étaient connus pour teindre leurs cheveux en rouge. Les gaulois et gauloises ayant les cheveux rouges faisaient partie de la haute classe sociale.

Dans la société avant Moyen-Âge ( avant la chute de l’empire romain de façon totale et en Europe),, les cheveux blonds étaient associés aux femmes de joie. Une loi avait décrété cela. Les femmes de “ bonne famille” qui naissaient blondes se teignaient les cheveux pour ne pas être associées au monde de la prostitution.

Pendant le Moyen-Age, la coloration rouge ou rousse des cheveux était souvent associée à la sorcellerie. Les premières personnes rousses connues et à être pourchassées pour sorcellerie à cause de leurs cheveux roux étaient écossais.

En Chine la couleur et l’aspect des cheveux étaient très importants. Que ce soit pour les femmes ou les hommes. Les hommes tressaient leurs cheveux et les coloraient en noir ébène.

Des années plus tard, la reine Elisabeth d’ Angleterre avait décrété que ses cheveux auburn ne pouvaient être imités par le peuple, cette couleur spécifique lui était privilégiée.

Pendant la période de la Renaissance, les femmes favorisaient les colorations blondes et dorées pour la connotation angélique. Les femmes qui vivaient à Venise par exemple utilisaient du miel et de l’aluminium pour éclaircir leurs cheveux sous le soleil.  

Pendant toute cette longue période, l’être humain utilisait des minéraux, des plantes colorantes qu’il trouvait dans ses régions proches. Puis à l’ ère des grandes caravanes commerciales, la route des épices les colorations capillaires ont voyagé entre continents.

Les premières colorations capillaires chimiques

Dans les années 1800, les chimistes en pleines découvertes ont découvert les PPD dont je vous ai parlé dans le guide: Les dangers du monde cosmétique traditionnel. C’est à ce moment que sont nées les premières colorations capillaires synthétiques. Au même moment, les chimistes découvraient que le péroxyde d’hydrogène était plus doux que d’autres solutions pour colorer et décolorer la fibre capillaire. Je me demande ce qu’ils utilisaient avant car c’est déjà assez hard!  Eugene Schueller a dont été le premier chimiste à créer une coloration capillaire chimique, Aureole de son petit nom, commercialisé par l’ Oreal. Pour l’anecdote il a fondé  en date du 30 juillet 1909 la Société Française de teintures non dangereuses pour cheveux qui sera renommée plus tard l’ Oréal. Inoffensives dites-vous?

histoire coloration capillaire

Il comptera dans ses premières clientes Coco Chanel qui fera exploser l’utilisation de colorations capillaires.

En 1932, Lawrence Gelb qui avait travaillé sur les procédés de décoloration et coloration capillaire fonde sa société nommée Clairol. Elle se spécialise dans les décolorations en créant des bains éclaircissants sans décolorer réellement le cheveux. La société créé également les premières colorations capillaires que la cliente peut réaliser chez elle.  La société s’exporte dans les salons des Etats Unis, société qui deviendra par la suite Procter&Gamble.

A partir des années 1935 la coloration capillaire a pris une ampleur mondiale et explosé. Sans jamais s’arrêter. De nos jours on voit clairement deux camps, deux clans.

Le clan des coloristes adeptes du chimique, ultra créatifs qui acceptent d’endommager la fibre capillaire pour jouer, découvrir. Et ensuite le clan des adeptes du naturel, qui n’acceptent plus de dégommer la santé et la nature pour se rendre “beaux” ou en accord avec ce qu’ils désirent changer dans leur apparence capillaire.

Malgré la magie de la chimie et ses multiples possibilités, elle reste loin d’être inoffensive pour la santé et la nature. Mais ce qui est certain c’est que les techniques de colorations capillaires, quelles qu’elles soient ont déjà un long passé et auront un aussi long avenir….



Sources:

Encyclopedia of Hair: A Cultural History

Wikipédia






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